Le vote contestataire

« Je ne vois pas pourquoi moi de gauche je n’irais pas voter contre Nicolas Sarkozy. »

Dans la série la phrase la plus con, voire la plus criminelle, la déclaration d’un auditeur des Grandes Gueules sur RMC, annonçant son intention d’aller, comme beaucoup d’électeurs de gauche, voter aux Primaires de la droite et du centre.

Le sujet n’est pas ici de dire s’il est bon ou non de déposer un bulletin de vote portant le nom de Sarkozy. Ni même d’établir s’il vaut mieux être de gauche ou de droite, sachant que cela ne signifie plus grand chose à l’heure actuelle.

Non, la bêtise de la déclaration et surtout de la démarche vient du fait de voter CONTRE quelqu’un, et non pas POUR un candidat crédible.

De la même manière, beaucoup annoncent vouloir voter CONTRE Hollande si celui-ci se présente. C’est là aussi une démarche intellectuelle désastreuse.

Il devient dangereux, criminel même, de procéder de la sorte. La preuve la plus directe reste justement la dernière élection présidentielle où la majeure partie de l’électorat à – déjà à l’époque – voter CONTRE Nicolas Sarkozy, plaçant par conséquence directe – et non par choix – François Hollande à la tête de l’Etat français, avec toutes les conséquences désastreuses engendrées depuis. Il suffit de suivre les principaux médias nationaux ou de lire la presse pour constater chaque jour les conséquences d’un vote CONTRE un candidat.

Ce phénomène provient bien entendu d’une saturation évidente de l’électorat, lassé de l’incapacité des politiques à résoudre tous les problèmes cruciaux. Lassé par des déclarations sans suite, par des promesses jamais assumées et par des « affaires » toujours plus nombreuses. Mais le politique français – au sens le plus large du terme – profite et en même temps pâtit du système : incapable de proposer des idées novatrices, incompétent pour gérer la moindre question de fond, il se contente dès lors de faire campagne contre ses opposants et non plus pour ses idées. Le serpent qui se mord la queue : le candidat dénonce son adversaire et l’électeur vote contre. Contre un tel ou contre le système, mais toujours contre.

Le problème reste cependant que, en se prononçant par le biais des urnes CONTRE tel ou tel politique, on finit de manière obligatoire par voter POUR un autre. L’élu peut, par le biais du principe même de la démocratie, déclarer avoir le soutien d’un pourcentage plus ou moins important de l’électorat. Par son vote contestataire, l’électeur place de fait sa confiance en la personne élue. Et ce quelles que soient les « solutions » qui l’accompagnent.
Car il ne faut pas oublier ce que représente au fond le principe démocratique. Il s’agit ni plus ni moins que de se prononcer pour son représentant le plus légitime, celui en qui on place sa confiance et surtout à qui on confie son pouvoir de décision pour conduire la politique de la société. Politique qui doit permettre à chacun de s’épanouir dans les meilleures conditions.

En votant CONTRE, on refuse de se prononcer POUR celui qui pourra remplir au mieux cette mission unique.

Cela s’avère donc bel et bien criminel !

Et puis c’est tout…

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