Le politiquement correct dans les cantines


« Attention, aujourd’hui il ne faut plus parler de cantine mais de restauration scolaire. »



Dans la série la phrase la plus con, la précision apportée au cours d’un reportage, diffusé dans « l’Édition Spéciale » sur Canal+ et concernant la qualité des cantines dans les établissements scolaires et, à raison, fortement critiquées dans une enquête réalisée par le Ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche.


En presque live ci-dessous :
(cliquez sur le triangle pour lancer la lecture)

http://www.opendrive.com/files/5865578_dpR2h/novlangue.mp3%20

Le simple fait de devoir renommer les cantines est tout simplement symptomatique et caractérise parfaitement le fameux « politiquement correct » si cher à nos dirigeants ou autres grands théoriciens manipulateurs.
En collant l’étiquette de ‘restauration‘ aux cantines scolaires, les politiques tentent ainsi d’attribuer facticement des valeurs justement propres à la dite restauration, à savoir une qualité de service, de contenu et de plaisir gustatif. C’est simplement oublié que coller une étiquette ne change rien à la valeur de l’étiquetté. Parler de restauration scolaire ne modifiera en rien la qualité pitoyable des cantines.

Ce syndrome touche évidemment des domaines variés et reflète en réalité un degré de décrépitude bien profond des cervelles des bien-penseurs. Ainsi l’exemple, au hasard, des aveugles, des sourds ou des vieux. Pardon, il faut dire ‘mal voyants’, ‘mal entendants’ et ‘personnes du troisième âge’. Les adeptes la bien-pensence trouvent en fait un refuge derrière ces nouvelles appellations. En effet, dans leur vision étriquée de la société, ils attribuent aux ‘aveugles’ des qualités moindres, des tares ou des déficiences. En réalité, une longue liste de qualificatifs réducteurs. et parfaitement négatifs. Comme il est impensable pour eux de raisonner d’une telle manière, ils préfèrent donc changer le terme ‘aveugles‘ – ou sourds ou vieillards – pour le remplacer par une appellation vierge et pure comme le moucheron qui vient de naître. Nouvelle désignation vide de la moindre idée ‘négative’ et donc parfaitement adaptée à parler d’une personne ‘différente’. Ils se soulagent ainsi leur cervelle triturée.

En raisonnant à l’inverse de Ces grands cerveaux, parler d’un aveugle – ou d’un sourd ou d’un vieux – sans attribuer à ces termes la moindre idée négative ou positive permet donc simplement de préciser un état de fait pour la personne en question. Ne pas pouvoir regarder ou entendre n’a en réalité aucune valeur positive ou négative et ne permet pas de juger la valeur d’un individu. Tout comme il y a des grands, des petits, des gros, des blonds, des bruns, des aveugles, des sourds, des boiteux, des boulangers, des artistes, des sportifs ou des menuisiers de grande valeur, il y a également – hélas – des grands, des petits, des gros, des blonds, des bruns, des aveugles, des sourds, des boiteux, des boulangers, des artistes, des sportifs ou des menuisiers complètement cons. Et cela ne dépend nullement d’une caractéristique physique.

Mais voilà, raisonner ainsi est subversif pour les bien-pensants. Comme ils ne peuvent pas changer leur vision manichéenne du monde, ils préfèrent donc modifier le langage pour le rendre propre et vide de toutes nuances et confirment ainsi les idées de l’auteur George Orwell qui parlait de Novlangue dans son roman « 1984 » :

Novlangue: c’est une simplification lexicale et syntaxique de la langue destinée à rendre impossible l’expression des idées subversives et à éviter toute formulation de critique (et même la seule « idée » de critique) de l’État.

L’idée fondamentale du novlangue est de supprimer toutes les nuances d’une langue afin de ne conserver que des dichotomies qui renforcent l’influence de l’État. Un rythme élevé de syllabes est aussi visé, avec l’espoir que la vitesse des mots empêche la réflexion.

L’idée sous-jacente au novlangue est que si une chose ne peut pas être dite, cette chose ne peut pas être pensée.


Ainsi, ne pas parler de cantine revient à ne pas penser à la qualité merdique des menus proposés.

Et puis c’est tout…


En presque live ci-dessous, l’intégralité du reportage de « l’Edition Spéciale » sur les cantines scolaires, grâce auquel on s’aperçoit que cela n’a justement rien à voir avec une quelconque restauration :
(cliquez sur le triangle pour lancer la lecture – durée 6min36)

http://www.opendrive.com/files/5865589_JtG2z/cantine.mp3%20

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