Débat sur l’identité nationale


« Les jeunes sont trop jeunes, les vieux sont trop vieux et au milieu c’est des feignants. Voilà le résumé de notre beau pays. »



catch4Dans la série la phrase la plus crédible, la constatation ironique des commentateurs du catch sur NT1 et RTL9- oui, on y apprend moult choses – en train de faussement se chamailler sur un sujet de divertissement et qui au final délivrent une vérité bien dérangeante.


En presque live ci-dessous :
(cliquez sur le triangle pour lancer la lecture)

http://www.opendrive.com/files/5749575_N0jY9/catch.mp3%20

Le sujet de la cocasse dispute consistait à essayer de déterminer la légitimité de prétendus challengers pour défier le champion en titre. D’un côté, l’un prétend que les candidats potentiels sont trop jeunes lorsque l’autre rétorque, à juste titre, qu’il s’agit là d’une vision bien française consistant à cataloguer les « jeunes » comme inexpérimentés et manquant cruellement de vécu, et les « vieux » comme usés et devant inévitablement passer la main.

Cette vision bien étriquée peut s’appliquer en réalité à chaque domaine particulier de notre pays adoré.
Ainsi, l’avis du commentateur au cours de la soirée de catch en question :

« Ce sont de jeunes, trop jeunes catcheurs pour pouvoir prétendre à être champions comme ça face à John Cena. »


peut simplement être repris pour des sujets bien divers, comme le sport :

« Ce sont de jeunes, trop jeunes athlètes pour pouvoir prétendre à une place en équipe de France. »


le difficile monde du travail :

« Ce sont de jeunes, trop jeunes diplômés pour pouvoir prétendre à une place dans notre structure. »


ou même la politique :

« Ce sont de jeunes, trop jeunes élus pour pouvoir prétendre régler les problèmes qui nous concernent tous. »


Et ainsi de suite.

Il faut cependant ici émettre une certaine réserve. En effet, on entend déjà se masser au portillon, excités comme des abeilles le printemps revenu, les défenseurs de Jean Sarkozy qui s’est justement vu reprocher sa jeunesse et son inexpérience au cours de l’épineux dossier de la présidence de l’EPAD. Il était justement totalement déplacé (et bien ficelé par les soutiens du candidat) de lier dans une même phrase la jeunesse et l’inexpérience, ou plutôt la légitimité.  La candidature de Jean Sarkozy n’avait justement aucune valeur tout simplement parce que le fils prodige n’a jamais rien réalisé et n’a simplement aucun diplôme sanctionnant une aptitude particulière. Et cela n’avait rien à voir avec l’âge de blondinet.
Alors, on se calme et on boit frais : la question n’est pas d’affirmer que tous les « jeunes » sont compétents et aptes à la gestion d’affaires importantes ou encore que les « vieux » ne sont pas tous de vilains grincheux décrépis. Il est simplement utile de préciser que l’âge ne détermine en rien la compétence, le talent, l’intelligence ou les aptitudes à la réalisation de projets divers.
Tout comme il existe une ribambelle de jeunes cons, sous-éduqués, illettrés ou simplement à côté de la plaque, il demeure tout autant de jeunes créatifs, originaux ou tout simplement crédibles. De la même manière, il y a des vieux grincheux, râleurs et pantouflards et tout autant de personnes qui n’ont de « vieux » que la carte d’identité.

La conséquence première et particulièrement néfaste de cette vision étroite reste l’immobilisme le plus fatal et une inertie incroyable dus à une frilosité coupable. L’exemple sportif est là encore flagrant. En novembre 2007, dans l’équipe d’Afrique du Sud, championne du monde de rugby, se trouvait François Steyn, 20 ans à peine. Depuis plus d’un an, lui avait été donné la chance de disputer des matchs de très haut niveau contre les meilleures équipes du monde, de participer au plus grand championnat de l’hémisphère sud et donc de peaufiner le talent qui lui était déjà reconnu.
Pendant ce temps là, en équipe de France, Lionel Beauxis, qui avait deux ans de plus, obtenait, quelques mois à peine avant le début de la Coupe du Monde, une place grâce aux multiples blessures d’autres postulants, ne disputait que quelques minutes en fin de match, était sans cesse mis sous pression par la presse ou les spécialistes divers sous couvert de son trop jeune âge et gagnait finalement sa place de « titulaire » pendant la compétition elle-même. Résultat : au lieu de faire jouer un sportif aguerri et ayant déjà un certain « vécu », le jeu de l’équipe de France était confié à un joueur, excessivement talentueux, mais n’ayant pas pu se mesurer plus tôt à l’exigence du haut niveau. Au final, le XV tricolore était éliminé au stade des demi-finales.
De tels exemples sont multiples et hélas bien réels : plutôt que donner une chance à ceux qui la mérite, les ‘décideurs’ (sélectionneurs, manageurs, politiques) hésitent, attendent – « C’est trop tôt » ou encore « Ce n’est pas le moment », font patienter, suspendent une décision, demandent aux candidats de faire leur preuve ailleurs et au final, rien ne bouge. Après, on s’étonne d’avoir dix-sept métros de retard.

Et puis c’est tout…


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