Jean Sarkozy – La Méthodologie du discours politique

 

« Romper le silence, je crois que ce n’est pas de ça dont il s’agit. »

 

jsarkozy3Dans la série la phrase la plus con, la nouvelle création de Jean Sarkozy au micro de France 3 Paris – Ile-de-France lors de son interview pour tenter d’expliquer sa candidature à la présidence de l’EPAD.

Il serait facile de gloser et de titiller l’élu des Hauts-de-Seine quant à sa maîtrise du français et la nécessité de réviser les verbes du 3ème groupe. La critique et la moquerie, bien que justifiées, amèneraient inévitablement à renvoyer l’étudiant sur les bancs de la fac pour revoir ses gammes. Cela serait évidemment facile et occulterait finalement l’essentiel.

Car, que l’on soit un soutien inconditionnel ou un opposant farouche, il faut reconnaitre que le candidat Sarkozy sait manier la langue de Molière et avancer ses idées, même si elles sont plus que limitées. Chacun est finalement en droit de se demander pourquoi avoir finalement commis une erreur si grossière ?

Cette petite faute de langage s’avère en réalité grandement révélatrice. Lorsque le journaliste Jean-Jacques Cros débute ses questions, l’élu des Hauts-de-Seine a déjà l’esprit braqué sur ce qu’il doit dire. Comme l’enfant en classe de primaire, debout devant la maîtresse pour réciter une poésie difficile, il n’entend rien à ce qu’on lui dit. Les brimades des camarades ou les questions de journalistes ne sont finalement que des bruits de fond sans importance, tant la concentration est élevée afin de ressortir parfaitement la leçon bien apprise. Ainsi, lorsque l’institutrice demande à l’élève de commencer, les mots affluent et se déversent sans même y penser. De la même manière, au moment où l’interviewer interroge son invité, l’esprit sarkozien est orienté sur des idées simples et efficaces à avancer et à sans cesse répéter. Afin de faire croire à un dialogue, le jeune Jean Sarkozy entend un mot et embraye dessus pour enchainer sa prose. Un mauvais choix – dont il n’a même pas conscience tant l’esprit est fixé sur ce qui doit être dit – puisqu’à la question « vous rompez le silence », le probable futur président de l’EPAD  capte le « rompez », le transforme en « romper » pour enchaîner et commencer son exposé. Si le conseiller général avait réellement écouté, il n’aurait même pas eu à répéter les mots du journaliste.

En presque live ci-dessous :
(cliquez sur le triangle pour lancer la lecture)

http://www.opendrive.com/files/5647075_7KEJ1/romper.mp3%20

A partir de là, il devient finalement amusant d’analyser le discours avancé par le fils du président. Amusant au départ. Mais finalement un peu inquiétant quand on gratte le vernis.

En presque live ci-dessous, l’intégralité de l’interview de Jean Sarkozy sur France 3 Ile-de-France le 13 octobre 2009 :
(cliquez sur le triangle pour lancer la lecture)

http://www.opendrive.com/files/5647079_Pd9hu/discours_selon_jean_sarkozy.mp3%20

Six minutes cinquante d’interview qui finalement peuvent se résumer en quelques idées simples, assénées, martelées, répétées pour marquer quasi-inconsciemment l’esprit des téléspectateurs :

Je suis critiqué et énormément de choses me sont reprochées.
Pourtant, j’assume tout ce que j’ai fait, j’assume mes choix et j’assume mes responsabilités passées et à venir. Ainsi, mon devoir n’est pas d’attendre, car je dois agir. Et d’ailleurs, je rendrai des comptes.
C’est pourquoi je suis candidat.

Pour que ce discours simpliste et sans aucune idée de fond s’impose, il faut simplement appliquer quelques règles basiques, expliquées magnifiquement par l’Ami Gustave :

“Plus l’affirmation est concise, dépourvue de preuves et de démonstrations, plus elle a d’autorité.”

“L’affirmation n’acquiert cependant d’influence réelle qu’à la condition d’être constamment répétée, et le plus possible, dans les mêmes termes.”

 

L’interview du candidat à la Présidence de l’EPAD peut donc désormais être vue d’un œil nouveau :

 

Jean-Jacques Cros : Alors Jean Sarkozy, vous rompez le silence ?
Jean Sarkozy : Romper le silence, je crois que ce n’est pas de ça dont il s’agit.
Petite phrase passe-partout afin de rebondir sur ce que dit le journaliste, en reprenant ses propres termes, se donner un léger temps de fausse réflexion et enchainer directement sur son discours huilé et bien appris.

J’ai eu l’occasion de m’exprimer au sujet de ma candidature à la présidence de l’EPAD dès la suite de la réunion de groupe qui s’est tenu le 08 octobre sur France Inter, j’ai eu l’occasion de m’exprimer aussi dans le journal gratuit Métro ou également dans le Parisien.
En quelque sorte, tout a déjà été dit et expliqué, mais, malgré toutes les attaques je suis prêt à nouveau à m’expliquer. Je suis donc pour le dialogue et le débat. Idée ô combien appréciée par le grand public : « ce Jean, il est bien, il n’a pas peur d’affronter ses contradicteurs. »

JJC : D’accord, donc là si vous êtes chez nous, c’est pour simplement expliquer votre candidature, y a pas de…
JS : Je crois que ce qu’il y a de …
Encore une nouvelle preuve de l’absence de spontanéité : Jean Sarkozy enchaine ses propos sans même écouter les questions du journaliste qui, lui, tente de rebondir sur ce qui a déjà été dit.

JJC : Y a pas le fait d’en avoir un peu assez de ces attaques ou d’être un peu blessé même  par ces attaques ?
JS : Vous savez les attaques et les critiques elles font partie du jeu politique. C’est vrai que c’est pas le moment le plus agréable depuis que je me suis engagé dans le combat politique, maintenant je n’ai pas envie de me plaindre, j’ai envie d’agir. J’ai envie d’expliquer pourquoi je suis candidat et pourquoi j’ai envie de le faire. Je sais que vous allez …
Le réflexe Pavlovien : tout comme le toutou à sa mémère bave en entendant les croquettes tomber au fond de la gamelle, la réponse toute préparée arrive magnifiquement dès qu’est prononcé le mot ‘attaque’ qui avance l’idée de la controverse et des critiques. « Je suis critiqué, mais je ferais front. Mon but essentiel n’est pas la polémique mais l’action. » Là encore des idées toujours appréciées par l’inconscient collectif. Avec en plus, une nouvelle démonstration de l’art de l’esquive : il est reconnu qu’il y a contestation, mais rien n’est avancé pour justement faire la preuve de sa légitimité, sauf dans la phrase « je veux agir ». La démonstration réside finalement uniquement dans une intention.

JJC : Est ce que vous pensez qu’au travers de vous on attaque votre père ?
JS : Jean-Jacques Cros, je sais que vous avez peur des tunnels, mais il va falloir que vous me laissiez répondre un minimum à vos questions.
L’art de s’accaparer la parole. Tout au long de l’interview Jean Sarkozy coupe son débatteur et avance ses idées pré-digérées et accuse de son doigt juvénile le journaliste qui tente simplement de rebondir sur chacun des propos. en lâchant superbement « Laissez-moi répondre à vos questions. » Le problème réside dans le fait qu’il ne laisse pas les questions arriver et fabrique lui-même les interrogations auxquelles il veut répondre. Du Georges Marchais avec un peu plus de maitrise, rien d’autre.

D’abord je suis là parce qu’il y a eu un certain nombre de contre-vérités qui ont été proférées depuis quelques jours par des professionnels de la désinformation. Je regardais dans votre reportage, je voudrais dire aux gens qui nous regardent qu’en aucun cas il ne s’agit d’une nomination à la présidence de l’EPAD mais bien d’une élection. Ou plutôt de trois élections : élection par les élus UMP nouveau centre au sein de mon groupe, élection par l’ensemble de l’assemblée départementale, élection enfin par le conseil d’administration de l’EPAD. Jamais Jean-Jacques Cros depuis le début de mon parcours politique je n’aurais été nommé. Je tire ma légitimité de l’élection et du suffrage universel.
L’art de transformer la réalité. Devenir président de l’EPAD implique être élu par un conseil d’administration de 18 personnes. Ce qui d’un point de vu « suffrage universel » n’est pas compliqué, d’autant plus lorsque l’on possède certains appuis. Tout au long de son intervention, Jean Sarkozy avance l’idée d’être élu – ce qui est vrai – et que son élection future à la tête de l’EPAD sera équivalente à une autre élection, en quelque sorte qu’il sera appuyé par des centaines de milliers de voix anonymes, comme dans chaque suffrage. Ce qui dans ce cas précis est faux. Le candidat des Hauts-de-Seine profite simplement du mot « élection » pour créer une vérité basée uniquement sur la confusion.

JJC : Et en même temps, si vous n’étiez pas le fils du président de la république vous pensiez que ce chemin là aurait pu être aussi rapide et aussi évident ?
JS : Je suis un élu comme les autres, quel que soit le nom que je porte, quel que soit l’âge qu’est le mien, quelles que soient mes activités par ailleurs, je suis un élu de la République et à ce titre…
L’argumentaire facile : tout le monde peut être candidat, pourquoi pas moi. Il a parfaitement raison sur le fond et cloisonne la discussion sur les conditions à suivre pour être président de l’EPAD (être élu dans les Hauts-de-Seine, avoir le soutien de la majorité, etc …) ce qui lui permet d’occulter la vraie question, à savoir avoir les réelles capacités pour assumer ce poste.

JJC : Est-ce que tous les jeunes en France ont la même chance que vous ?
JS
:
Mais à ce titre, si les gens souhaitent faire de la politique que chacun se présente à une élection.
Sans commentaire.
Moi j’ai été candidat à une élection. La question n’est pas de savoir comment je m’appelle, quel âge j’ai ou ce que je fait.
Nouvelle répétition pour affirmer respecter les conditions pour être candidat.
La question est de savoir pourquoi je suis candidat à la présidence de l’EPAD et de quoi est-ce qu’il s’agit.  La présidence de l’EPAD, elle est l’objet d’une compétition entre les élus qui sont représentants des collectivités locales au sein de ce conseil d’administration. Patrick Devedjian ne pouvait plus assumer cette présidence là mais collègues de la majorité ont trouvé légitime que le chef de la majorité depuis maintenant 2 ans, et j’accomplis à ce titre un travail au sein de la majorité depuis deux ans. J’ai eu à connaitre de tous les dossiers qui intéressent le Conseil Général. C’est pour cette raison que je suis candidat.
Jean Sarkozy ne répond pas véritablement à la question qu’il a lui-même avancée et en profite pour annoncer avoir le soutien de sa majorité qui reconnait sa légitimité, heureusement pour lui d’ailleurs. La légitimité, ce que tout le monde réclame, et qui au final n’est jamais démontrée au cours de son intervention.

JJC : Donc on voit votre détermination. Vous irez jusqu’au bout ?
JS : Merci de me reconnaitre au moins cela.
JJC : Vous irez jusqu’au bout ?
JS : Mais bien sûr. J’ai réfléchi beaucoup à cette question avant de me porter candidat. Vous savez, depuis deux ans que je suis élu au conseil général, j’estime que mon devoir n’est pas d’attendre mais de prendre des responsabilités parce que ce sont mes électeurs qui le demandent. Je suis également président de la commission des transports. Quel est le premier enjeu pour la défense ? Le premier enjeu c’est la question de l’accessibilité et des transports.
Encore une idée choc et bien perçue :  je ne veux pas parler, je veux agir. Je veux être un acteur et assumer un programme, comme je l’ai déjà fait. Certes, mais quel est ce programme ?

JJC : Laissez moi vous poser une question Jean Sarkozy. Vous parliez de légitimité tout à l’heure, est ce que prendre la tête du plus grand quartier d’affaires européen quand on a 23 ans, est ce que vous considérez que c’est possible ?
JS : Vous voulez parler de la question de l’âge. Je vous répondrais en disant la chose suivante. Il y a une loi qui existe, cette loi permet de se présenter à dix-huit ans ou à 21 ans. Cette loi est la même pour tous et c’est la loi de la République. La question que je vous pose à mon tour, est-ce qu’il y a un âge légal d’un côté et un âge médiatique de l’autre ?
Là encore le candidat Sarkozy ne répond pas à la question posée et exécute à merveille ses passes de toréador pour se réfugier derrière le paravent législatif. Respecter les critères légaux exigés pour postuler à un poste ne signifie jsarkozy8nullement avoir les capacités réelles pour assumer ce poste. Petite nuance bien occultée par le jeune Sarkozy qui empêche la contradiction en attaquant lui-même et placer le faux débat sur un plan plus général, et donc purement théorico-philosophique, empêchant de regarder son cas particulier. C’est bien connu, la meilleure défense est l’offensive et là c’est parfaitement réussi compte tenu de la question suivante.

JJC : Mais est-ce qu’il y a des jeunes (le débat étant ce qu’il est, à savoir un monologue de Jean Sarkozy, il est impossible d’entendre toute la question du journaliste) qui ont la même condition en France, qui ont votre âge et qui ont les mêmes responsabilités ?
JS : Mais bien sûr qu’il y a un certain nombre de jeunes personnes
Réponse affirmative, sans avancer le moindre exemple : oui il y a plein de jeunes, mais qui font quoi ? Aucune précision n’est donnée par la suite, car revient rapidement en tête de l’exposant un nouvel argument qu’il avait oublié de poser sur le tapis…
et d’ailleurs je note que vous, observateurs politiques, êtes nombreux à appeler très souvent au renouvellement de la classe politique, vous serez en cohérence.
Une nouvelle parade en mettant les opposants face à leurs propres exigences et en exécutant un nouveau tour de magie : « Vous réclamez des jeunes. Je suis jeune. Donc je suis la personne adaptée pour le poste et vous ne pouvez pas me critiquer. » Réclamer un renouvellement de la classe politique est louable en soi. Tenter d’y prendre part et d’autant plus louable. Mais cela ne prouve en rien ses réelles capacités. La question est importante ici, mais la réponse n’est jamais donnée.

JJC : On évoque aussi votre inexpérience, c’est à dire que vous êtes entré en politique il y a deux ans. Est ce qu’on peut dirigé une institution de cet ordre quand on est …
JS : Jean Jacques Cros, très franchement, est-ce que vous pensez que je me suis tourné les pouces depuis deux ans ? Depuis douze ans, je travaille douze heures par jour, j’anime des permanences, je suis à la fois sur le terrain et sur le fond, je préside la commission des transports, je me suis investi, vous le savez bien, sur la question difficile et complexe, d’ailleurs ça m’a été reproché, de l’enfouissement de l’avenue Charles de Gaulle, cette autoroute urbaine qui coupe mon canton et qui relie la capitale de la France au premier quartier d’affaire européen. Je m’investis sur ces questions là. Je préside le groupe, c’est une responsabilité importante. Dois-je vous rappeler que nous avons quand même adopté lors du dernier exercice un budget d’investissement de la relance départementale de 587 millions d’euros. Ce sont des responsabilités importantes déjà…
Beaucoup de finesse ici : Jean Sarkozy enchaine en parlant d’actions d’un groupe d’élus « nous ». Bernard Diomède faisait partie de l’Equipe de France de football pendant la Coupe du Monde en 1998. Il faisait partie du groupe victorieux. Il est donc Champion du Monde ad vitam eternam. Et pourtant…
Alors oui, Monsieur Sarkozy est président du dit-groupe et a donc des fonctions de représentation certaines. De là à en faire le candidat parfait, il y a un gouffre tout de même.
A noter également la petite idée bien balancée : « 
cette autoroute urbaine qui coupe mon canton et qui relie la capitale de la France au premier quartier d’affaire européen » autrement dit je permets un lien idéal entre la France et l’Europe. Qui d’autre mieux que moi peut justement être président du premier centre d’affaires européen ?

JJC : Dont acte, Jean Sarkozy. Mais est ce qu’une partie des critiques n’est pas de se dire il va trop vite ? Vous allez très vite.
JS : Vous parlez de précipitation, vous parlez d’empressement. Moi je parle de passion. Vous savez, je regardais votre reportage sur ces personnes qui ne savaient pas quelle orientation et quel sens donner à leur vie. Je me suis interrogé aussi sur cette question et j’ai une vocation. Et ma vocation c’était de faire le choix de l’engagement. Je me suis engagé tôt. Je me suis engagé totalement. A la fois d’ailleurs sur un plan personnel, en même temps sur un plan politique. Je ne considère pas que ce soit un handicap, voyez-vous au contraire. Je pense que c’est une chance parce que la Défense…
Là encore, une parfaite maitrise de l’art du discours politique en déplacant le débat du strict plan ‘compétences’ sur un plan purement ‘émotif’ et rêve d’enfant. J’ai toujours eu une vocation politique. Sortez les mouchoirs.

JJC : Et là le fait d’avoir…
JS : Jean Jacques Cros…
JJC : Jean Sarkozy n’est-ce pas un accélérateur de carrière ?
JS : Jean-Jacques Cros j’y viendrais d’un mot. Je pense au contraire que le jeune âge, c’est vrai j’ai 23 ans, et je comprends que les gens puissent légitiment se poser un certain nombre de questions. Moi je veux prendre rendez-vous avec tous les gens qui m’attaquent, tous les gens qui s’interrogent pour leur dire que c’est sur les actes, sur le fond que je demanderai à être jugé et je rendrais des comptes sur ce que j’aurais réalisé si les gens me font confiance pour prendre la présidence de la Défense.
Le candidat comprend les inquiétudes et les critiques avancées. Plutôt qu’amener des réponses efficaces et justement inattaquables, il promet – ah les promesses ! – être prêt à rendre des comptes. C’est rassurant. Mais cela n’amène rien. Car cela concerne le bilan d’actions futures. Et cela n’amène toujours pas une preuve de sa compétence.

JJC : Vous parlez ambition, vous parlez envie, vous parlez passion. C’est la vôtre ? Ou est ce que votre père vous pousse ou vous conduit sur ce chemin ?
JS : J’ai pris ma décision seule. J’ai pris la décision de faire de la politique et je peux vous dire que dans ma situation le choix de l’élection, c’est à dire le choix de demander à des électeurs si oui ou non ils peuvent vous faire confiance, ce n’était pas le choix de la facilité. Mes choix je les assume. Je n’ai pas l’habitude de me cacher derrière mon petit doigt et ce que je vous dis me semble assez explicite sur ce chapitre.
Un homme courageux, prêt à affronter la sanction des urnes et assumer ce qu’il est et ce malgré toutes les attaques. Madame Chombier devant sa télé en a perdu l’appétit et pleure à chaudes larmes devant tant d’abnégation et de force.

JJC : Mais vous n’avez pas le sentiment de brûler les étapes ? Dans un système politique où les gens prennent quand même un peu le temps ?
JS : Mais écoutez je préside le groupe depuis deux ans. La question des étapes et du parcours qui est le mien elle est posée à 44 élus qui ont entre 30 et 80 ans. Ces élus sont légitimes, ils ne sont pas moins légitimes que les élus des autres départements au motif que ce sont les élus des Hauts-de-Seine. Les Hauts-de-Seine c’est quand même l’Ile de France Jean Jacques Cros et ils sont d’autant plus légitimes qu’ils représentent, je vous le rappelle, plusieurs centaines de milliers d’électeurs. C’est à ce titre et fort de cette légitimité que je présente ma candidature.
Comme toujours, la question de la légitimité est déviée sur le simple fait d’avoir droit, malgré son nom, à assumer des charges locales et sur la simple question légale de sa démarche Avec un nouveau grigri, qui est de se présenter devant un nombre plus que restreint de votants et de faire croire qu’il s’agit de centaines de milliers d’électeurs.

JJC : Merci Jean Sarkozy d’avoir été avec nous ce soir.
JS : Merci à vous.« 
En filigrane, merci d’avoir organisé ce débat, qui finalement n’en était pas un et merci de m’avoir permis de faire la preuve de la bonne légitimité de ma candidature, chose qui si on regarde bien n’a aucunement été faite.


douilletÉvidemment, chacun sait qu’un politique, quel qu’il soit, se présente toujours avec des réponses étudiées et préparées avant une intervention publique. Le problème demeure que, comme on peut le voir avec cet exemple particulier, au final rien n’est dit concernant une question donnée. Discourir en politique revient simplement à toucher une fibre émotive et avancer des propos simples. Cela concerne absolument tous nos élus, quelles que soient leurs affinités politiques. Cela peut d’ailleurs être vu en écoutant les premières impressions du désormais député David Douillet suite à son élection ce week-end :

« Je crois qu’ils ont compris à qui ils avaient affaire. A quelqu’un qui veut s’investir à 100%, qui veut beaucoup travailler pour eux, qui va les écouter et qui va être en permanence sur le terrain.

En presque live ci-dessous :
(cliquez sur le triangle pour lancer la lecture)

http://www.opendrive.com/files/5647279_4Iq35/douillet.mp3%20

En résumé, pour être élu, il faut écouter les gens. Il faut surtout être sur le terrain. Et il faut s’investir. Le reste, ce n’est que du détail insignifiant.

Comme on peut le voir, la politique est devenue un métier avec ses règles et ses trucs et astuces pour réussir.
Il suffit de maîtriser quelques règles faciles et qui font plaisir à entendre, à savoir démontrer que l’on se donne corps et âme dans le travail POUR les autres.
Pour démontrer ses bonnes intentions, il suffit ensuite de marteler sans cesse des phrases précises et qui font mouche.
Ce qu’à parfaitement démontré le chroniqueur trublion Yann Barthès pendant le Grand Journal sur Canal+ le 14 octobre dernier :

En presque live ci-dessous :
(cliquez sur le triangle pour lancer la lecture)

http://www.opendrive.com/files/5647280_NGZIj/discours2.mp3%20

“Plus l’affirmation est concise, dépourvue de preuves et de démonstrations, plus elle a d’autorité.”

“L’affirmation n’acquiert cependant d’influence réelle qu’à la condition d’être constamment répétée, et le plus possible, dans les mêmes termes.”

 

Je veux votre bien, je vous écoute, je veux votre bien, je vous écoute, je suis candidat, je veux votre bien, je vous écoute…

Et puis c’est tout.

Jean Sarkozy et la présidence de l’EPAD sur LPLPC : 123

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3 réflexions sur “Jean Sarkozy – La Méthodologie du discours politique

  1. C’est justement tout l’objet de ce post. En réalité, au moment où le bon Jeannot a sorti son mot ridicule, il n’avait pas conscience de ce qu’il disait, car son esprit était tout orienté vers son discours pré-formaté.

  2. Rappelons que son papounet avait employé (au masculin) l’adjectif « fat » en le prononçant [fate] au lieu de [fa].
    > « Me croyez-vous donc assez fate pour… blabla [utiliser des mots que je ne connais pas] ?  »

    Faudra voir à embaucher moins diplômé pour rédiger tes fiches, hein Nicolasse!!!

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