La 25ème heure – 02



« La mère a souhaité, c’est sa volonté, ne pas divulguer son état civil lors de l’accouchement, et elle a donc rompu le lien de filiation. Donc aujourd’hui on ne peut pas parler de grands-parents à l’égard de ces demandeurs. Ce sont deux personnes qui se prétendent être de la famille de l’enfant mais qui n’ont pas la preuve du lien de filiation puisqu’il a été définitivement rompu. »


filiationDans la série la phrase la plus con et surtout la plus crade, la tentative d’explication de Maître Pierre Nedelec à propos de deux grands-parents souhaitant obtenir la garde de leur petite-fille, née sous X.

À la démarche profondément responsable et admirable des deux aïeux est donc rétorquée une explication parfaitement fumeuse et ne reconnaissant pas le caractère humain de la personne. N’est mise en avant que la loi, et strictement la loi, à savoir un simple bout de papier, sans prendre en compte une situation particulière. Les avocats ou autres grands fonctionnaires ne font preuve d’aucune subtilité, ils n’utilisent même pas le mollusque leur faisant office de cerveau.

Le débat concernant les « tests ADN » fait rage depuis quelque temps en France, et dans ce cas précis, utiliser un outil si simple ne suffirait pas à régler l’affaire. Ce qui montre le caractère profondément mécanique et robotisé de ceux qui veulent suivre la loi à tout prix et surtout de ceux qui nous gouvernent. Comme le précise – hélas – la journaliste, « il n’existe aucune action possible pour renouer le lien rompu« .
Il serait aisé de débattre des heures durant sur ce sujet. Mais la discussion s’avérerait finalement impossible, puisqu’à chaque fois serait ressortie l’explication fallacieuse, à savoir « c’est la loi ! » Cela fait à nouveau profondément penser à l’affrontement entre une machine sans âme et destructrice et un être humain. Avec, dans les règles, la machine qui a toujours raison et se trouve dans son droit.

Il est évidemment toujours possible de garder espoir sur ce sujet car, comme précisé à la fin de ce reportage diffusé au cours du 12:50 sur M6, « le tribunal vient d’autoriser les grands-parents à pratiquer des tests génétiques afin de prouver la filiation.« 

Hélas, pour les grands-parents, réussir à prouver la filiation par rapport à leur petite-fille sera certainement insuffisant face à l’État, cette machine froide et morbide qui se dresse face à eux.

C’est juste à vomir.

Et puis c’est tout…



En presque live ci-dessous :
(cliquez sur le triangle pour lancer la lecture)

http://www.opendrive.com/files/5633523_tnH4l/lien_filiation.mp3%20


Le reportage en intégralité :
(cliquez sur le
triangle pour lancer la lecture et n’oubliez pas de sortir un petit sac en plastique en cas de malaise soudain)

http://www.opendrive.com/files/5633561_Avhy6/Grd_parents.mp3%20


Cette macabre histoire permet de citer un nouvel extrait du livre « La 25ème heure » de Virgil Gheorghiu, décrivant parfaitement cette situation :

« Peu à peu, sans même nous en rendre compte, nous renonçons à nos qualités humaines, à nos lois propres. Nous nous déshumanisons, nous adoptons le style de vie de nos esclaves techniques. Le premier symptôme de cette déshumanisation c’est le mépris de l’être humain. L’homme moderne sait que ses semblables, et lui-même d’ailleurs, sont des éléments qu’on peut remplacer. La société contemporaine qui compte un homme pour deux ou trois douzaines d’esclaves techniques doit être organisée et fonctionner d’après des lois techniques. C’est une société créée selon des nécessités mécaniques et non humaines. Et c’est là que commence le drame.
Les êtres humains sont obligés de vivre et de se comporter selon des lois techniques, étrangères aux lois humaines. Ceux qui ne respectent pas les lois de la machine, promues au rang de lois sociales, sont punis. »


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3 réflexions sur “La 25ème heure – 02

  1. en réfléchissant à tout ceci je suis arrivée à d’autres conclusions… déjà je précise que je ne suis pas au courant de tous les détails de cette affaire mais un point m’interpelle : j’imagine que la décision d’accoucher sous x n’est jamais facile à prendre, et là, on a une jeune femme qui fait ce choix alors même que visiblement ses parents sont plutôt pour qu’elle garde cet enfant et prêts à s’en occuper. malgré cela elle prend cette décision et s’y tient malgré la demande des grands-parents (une femme qui a accouché sous x peut à n’importe quel moment lever le secret de son identité). donc ce qui m’interroge profondément, ce n’est pas que le juge décide ou pas d’accorder les tests adn aux grands-parents, c’est que ces grands-parents qui, pour des raisons que j’ignore et qui sont peut-être complètement indépendance de leur volonté, n’aient pas pu rassurer et convaincre leur fille de leur soutien et se tournent vers la justice pour faire annuler ce qu’elle a décidé… mais comme je le disais, je ne connais pas les détails de l’affaire, mais il y a probablement beaucoup de souffrance pour en arriver à de telles décisions des 2 côtés.

  2. Savoir si les grands-parents ont tenté ou non de convaincre leur fille de ne pas accoucher sous X est absolument inutile et sans importance (et pour information, ils n’ont plus de contact avec leur propre fille, comme expliqué dans l’extrait sonore).
    En réalité, ils ne se tournent pas vers la justice pour annuler la décision de la mère, mais pour s’occuper de l’enfant, ce qui est une nuance de taille.
    La justice devrait donc condamner les grands-parents parce qu’ils n’ont pas fait entendre raison à leur fille ? Coupable de n’avoir pas su parler à une personne qui, certainement, ne voulait rien écouter ?

    Quelles que soient les explications ou les justifications, il suffit d’analyser simplement les données de cette histoire :

    1 – une mère accouche sous X
    2 – son enfant est donc promis à suivre les couloirs obscurs de la DASS pour finalement, peut-être, être adopté.
    3 – les grands-parents souhaitent s’occuper de l’enfant.
    4 – l’État rétorque aux grands-parents : vous n’êtes rien pour cet enfant. Vous ne représentez rien. Dédé le boucher du coin a autant le droit que vous de vouloir s’occuper de l’enfant. Ou aussi Mme Pralunier qui habite à 745 km d’ici.

    Et c’est là toute la noirceur de l’histoire. Car, personne, absolument personne ne parle du plus important : le bébé lui-même.
    Mettons-nous à sa place : est-il plus souhaitable pour lui d’être éduqué par ses ascendants directs avec qui il a forcément des affinités spirituelles ou par des inconnus ?

    La réponse est évidente et ne mérite aucune discussion. Dans cette histoire, les grands-parents sont mieux placés que quiconque pour s’occuper du bambin. Point.
    Ils pourront d’ailleurs le moment venu, à leur manière et comme ils le souhaitent, révéler à l’enfant les détails de cette histoire.
    Mais voilà, l’État rétorque qu’ils ne représentent absolument rien.

    De plus et c’est là le plus important, on peut noter le fait que dans le système tel qu’il est actuellement, les parents d’un enfant sous X ont donc le droit de dire : je ne représente rien pour ce bébé.
    Mais qui a demandé à l’enfant quel était son souhait ? Personne.
    On lui fracasse sur la tête un jour : on ne sait pas d’où tu viens, tes parents n’ont pas voulu le dire.
    Les parents irresponsables ont donc le droit de fuir alors que l’enfant n’a pas le droit de savoir quelles sont ses origines ? Pourquoi donner une priorité flagrante à certaines personnes plutôt qu’à d’autres ?

    Pour information, la France est le seul pays où l’accouchement sous X apparait dans les textes de lois. Il y a ainsi plus de 400 000 personnes recherchant leurs origines.

  3. Qu’il y ait des parents irresponsables, je n’en doute pas un seul instant, qu’être né sous x soit une situation incroyablement traumatisante, je n’en doute pas un seul instant non plus.
    donc voilà, mon interrogation, mon ressenti, n’était pour remettre en cause la demande des grands-parents sur le fond c’était par rapport à la situation de non-communication évidente et la souffrance, des 2 côtés, que toute cette histoire laisse supposer.
    Et toujours par rapport aux grands-parents, j’ai bien souligné que le fait que leur fille n’ait pas changé d’avis n’était peut être pas du tout de leur faute.
    le 2ème point que je tentais également d’exprimer, c’est que je ne peux jamais m’empêcher de m’interroger quand on a qu’une partie qui s’exprime et quelles terribles motivations peuvent pousser une mère à nier l’existence de son enfant et à éteindre toute possibilité de retrouver ses origines…

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