Recadrage salutaire


« Quelqu’un qui paye pour un service,
c’est un client.
On peut l’appeler usager par courtoisie, par politesse, par tradition, tout comme on appelle Mademoiselle les vieilles dames à la Comédie Française. Mais il ne faut pas non plus se cacher derrière son petit doigt : quand on paye pour un service, on est un client ! »




barbier5Dans la série la phrase la plus crédible, le légitime recadrage de Christophe Barbier, rédacteur en chef de l’Express, au cours de l’émission « C dans l’air » consacrée aux récents événements touchant la Poste. La question était de déterminer quel terme utiliser entre usager et client.

Après l’intervention du journaliste, on notera également l’explication fumeuse de Régis Blanchot, représentant du syndicat sud au conseil d’administration de la Poste (justification qui entre évidemment dans la catégorie la phrase la plus con).

« A partir du moment où vous parlez de client, il y a derrière l’idée : il y a le bon client et le mauvais client. Il y a le bon client qui a de l’argent et qu’on doit chouchouter et y a celui qui ne rapporte rien et celui-là vous pouvez le jeter. »

Symptomatique de l’esprit profondément marxiste qui règne dans les services publics français, ainsi que du manque de culture économique de leurs représentants. « Un mauvais client qui ne rapporte rien » ne peut pas être un client par définition. C’est un touriste perdu ou un poète en quête d’inspiration.
Un client est logiquement une personne qui paye pour un service ou un bien. Comme il débourse une quantité déterminée d’argent, il rapporte donc quelque chose à l’entreprise. Et est donc un client comme un autre.
Que l’on achète un simple timbre à 0,56 euros ou que l’on souhaite procéder à l’envoi de 17 000 colis de dix-huit kilos chacun, on demeure un client.

Le fait de parler de « bon » et de « mauvais » client montre ainsi une certaine tournure d’esprit. Il y a les gentils et les méchants*. Les exploités et les exploiteurs. Cela revient à nier tout simplement le caractère individuel de chaque personne. C’est profondément triste, erroné et très étroit.

Cela fait surtout penser à un vieux sketch des Inconnus qui évoquaient les bons et les mauvais chasseurs (ici).
Là, c’est similaire. Le bon client, il veut un timbre, alors il sort son porte-monnaie et puis il poste sa lettre. Le mauvais client par contre, il veut un timbre, il sort son porte-monnaie et il peut poster sa lettre. Mais c’est pas pareil, c’est un mauvais client.

Et puis c’est tout…

* Et comme le dit Pépin le Gentillet, « les méchants c’est pas bien !« 


En presque live ci-dessous :
(cliquez sur le triangle)

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